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... colore le paysage

Le grand public associe souvent l'agriculture moderne à la dégradation de l'environnement et la chasse à la disparition de la faune sauvage. Or, aujourd'hui, l'agriculture et le monde cynégétique prennent davantage en considération les fonctions environnementale et sociale.

Depuis une dizaine d'années, des techniques agricoles et des aménagements compatibles avec une agriculture moderne et durable ont été expérimentés dans le souci permanent de préserver un environnement favorable à la faune sauvage.
Cette coopération entre les agriculteurs et les chasseurs permet le renouveau d'une chasse de qualité du petit gibier.


La jachère fleurie

Mise en place par les chasseurs, elle contribue au maintien de la biodiversité. Les fleurs offrent des couverts de reproduction pour de nombreuses espèces sauvages : insectes, oiseaux et petits mammifères... elles apportent notamment une quantité considérable de nourriture pour toute la faune... et assurent le refuge et la survie hivernale de toutes les espèces, gibier ou protégées.
Enfin, les jachères fleuries contribuent à diversifier le paysage et à le rendre plus agréable à l'oeil, au grand bonheur des promeneurs et autres utilisateurs de la nature.

La JEFS : jachère environnement et faune sauvage

La réforme de la PAC en 1992 avait pour objectif de réduire les excédents agricoles. Dans cette optique, le gel d'une partie des terres cultivées a été rendu obligatoire. Cette opportunité a séduit immédiatement les gestionnaires de la nature et notamment les chasseurs : cela s'est traduit par la mise en place des jachères ''Environnement et Faune Sauvage'' en 1993.

Cette démarche a le premier mérite d'éviter la destruction des couvées, notamment pour les perdrix et les cailles. Tout interdiction d'intervention mécanique durant la période de nidification et d'élevage des jeunes est un atout considérable pour la biodiversité.
De plus, la nature des couverts employés favorise l'apparition d'insectes qui sont la base de la chaîne alimentaire pour de nombreuses espèces sauvages. Rappelons par exemple que pendant les trois premières semaines de leur vie, les jeunes perdreaux sont exclusivement insectivores...
Ces zones sont aussi très appréciées en terme de nourrissage par les lagomorphes (lièvres, lapins) ou encore par une espèce comme le chevreuil, qui y trouve du trèfle ou du chou selon le couvert employé.
Enfin ces types de couverts offrent aussi des zones de refuges contre les prédateurs pour de nombreuses espèces, protégées ou gibier.

Quelques chiffres...

Les mélanges utilisés en Meurthe-et-Moselle sont les suivants :
- ''choux-avoine-sarrasin'',
- ''trèfle-ray grass-phacélie'',
- mélange ''jours de fête'' (fleurs).
En 2006, ce sont 42 contrats qui ont été signés avec les agriculteurs, soit près de 76 hectares semés en Jachère Environnement Faune Sauvage ou en Jachère Fleurie.
Le financement de ces jachères est effectué par la Fédération des Chasseurs de Meurthe-et-Moselle en partenariat avec le Conseil Régional de Lorraine.